SCENA Jazz

Thursday, July 7, 2011

Festival de jazz de Montréal

Par Annie Landreville

De retour au festival de jazz après quelques années d'absence, j'ai découvert la Place des festivals. Bel aménagement qui permet de ne pas se piler sur les pieds, mais je ne comprends pas qu'il y ait quand même des moments où il ne se passe peu près rien... Entre 16h00 et 19h00, il me semble qu'un festival de cette envergure devrait proposer plus d'un choix à l'extérieur.

Le Darcy James Argue Secret Society

Gros coup de cœur sur disque, gros coup de cœur sur scène : Le Darcy James Argue Secret Society. Quelle équipe ! Bel ensemble, solides solistes (Ah ! Le solo d'Ingrid Jensen en fin de course... il résonne encore dans mes oreilles !) et compositeur inspiré et inspirant. Darcy James Argue est un jeune homme brillant et curieux. C'est avec beaucoup d'intelligence et sans aucune pédanterie qu'il raconte ce qui l'a inspiré pour écrire les pièces qu'il nous présente. Qu'il nous cause de l'histoire de la France et des Jacobins, du travail en cours avec un artiste en arts visuels à Brooklyn ou du café pris la veille avec Maher Arar (pour qui il a écrit Habeas corpus), il le fait avec pertinence et sensibilité, apportant un éclairage qui donne encore plus de profondeur aux œuvres jouées. C'était sa première visite à Montréal avec cette formation, ce big band moderne et énergique. Voilà un musicien dont on a envie de suivre la prometteuse carrière.

Marianne Trudel septet

Le septet de Marianne Trudel était en feu. Après quelques spectacles donnés ailleurs au pays, les musiciens étaient en forme, la complicité palpable. Rare de trouver ça à ce point dans un groupe aussi grand. Marianne Trudel est une musicienne épatante. Très solide techniquement, elle est d'abord au service de la musique. D'où une générosité sans pareille avec ses musiciens, qui l'inspirent, nous dit-elle avec sincérité. Ses compositions, indéniablement modernes, arrivent à garder un équilibre entre l'avant-garde et la tradition. C'est audacieux et accessible. Anne Schaeffer est superbe à entendre. Au trombone, Jean-Olivier Bégin a impressionné le public présent à l'Astral. (Sympathique salle d'ailleurs que je visitais pour la première fois. Mais le Spectrum n'a pas trouvé de réel remplaçant...). On en aurait vraiment pris un peu plus.

Dan Tepfer

Le pianiste Dan Tepfer se produisait dans un Upstairs bondé. J'étais littéralement assise dans... le garde-robe de l'entrée ! J'avais une vue de dos sur le pianiste... je me suis reprise avec son batteur, superbe de subtilités. Le pianiste américain, né en France, s'est d'ailleurs adressé au public en français, pour présenter ses compositions, mêlées à des standards, comme cette relecture très personnelle de Giant Steps ou cette chanson de Jacques Brel, Le plat pays, reçue chaleureusement par la foule, au grand plaisir du pianiste qui a plutôt l'habitude de la présenter à un public qui ne la connait pas ! Magnifique pianiste qui nous a offert une soirée riche d'une aventure sonore exquise. Son phrasé est lyrique, il y a beaucoup de puissance dans son jeu, sans qu'il perde de subtilité, lui qui affectionne arpèges et contrepoints. Rappelons qu'il a aussi joué les Variations Goldberg dans une récente tournée, ce qui n'est pas rien. Une belle cohésion règne au sein de son trio qu'on a hâte d'entendre à nouveau. Et de voir !

Misses Satchmo

Finalement j'ai craqué pour Misses Satchmo. Hommage à Louis Armstrong et à son époque, les «misses», soit la trompettiste Lysandre Champagne (Marco Calliari, Calexico) et la pianiste Maude Alain-Gendreau (ainsi que les deux gars de la formation !) offrent une musique pétillante. C'est charmant, bien fait, les chansons sont bien choisies, le spectacle bien rodé. Le public adore ! La bonne humeur distillée par la formation est contagieuse. Un vrai bonheur d'été.

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