SCENA Jazz

Friday, December 2, 2011

L'Off Festival de Jazz de Montréal

7 au 15 octobre, 2011

(Scroll down for English reviews)

Soirée d'ouverture (jeu. 7)
Trio Derome-Guilbeault-Tanguay (en première partie)

Jean Derome, égal à lui-même, prend le jazz au sérieux. L'appréciation de sa démarche artistique déjantée et intellectuelle exige effort et ouverture d'esprit. Le saxophoniste, qui se produisait en trio avec le contrebassiste Normand Guilbeault et le batteur Pierre Tanguay, a poussé à fond les limites des mélomanes en nous présentant des pièces issues de son album Danse à l'Anvers . Il les a entraînés avec audace à travers maints styles et époques, de Louis Armstrong au free jazz le plus débridé, des standards aux techniques les moins conventionnelles. Le musicien, toujours dans les règles de l'art, parle dans son instrument, sort les sons les plus stridents de son alto, explore l'atonalité. Il prend malgré tout le temps, avec humour et générosité, de guider en parole son public, lui offrant des aperçus judicieux de l'histoire et de la littérature jazz. On ne peut non plus passer sous silence sa maîtrise technique et de sa virtuosité enviable, particulièrement rafraîchissante au saxophone baryton, duquel il tire un son chaleureux. Somme toute, une excellente prestation. On regrette seulement un peu de ne pas l'avoir entendu à la flûte, son premier instrument !

SoCalled / Nozen : The Beauty and the Beat (en seconde partie)

Le saxophoniste Damian Nisenson et que la coqueluche montréalaise SoCalled (voix, claviers, accordéon et échantillonneur) ont foulé les planches du Lion d'Or avec un bonheur palpable et une musique à la croisée du jazz, du hip-hop et du klezmer, afin de célébrer le Yom Kippur faisant, selon Nisenson, « ce qu'ils font de mieux : de la musique », et ce, au grand plaisir d'une foule essentiellement jeune et particulièrement enthousiaste. Les artistes, accompagnés de Bernard Falaise à la guitare électrique, Jean-Félix Mailloux à la contrebasse et, une fois de plus, Pierre Tanguay à la batterie ont fait preuve d'une bonne humeur et un charisme si fou qu'on ne peut leur pardonne d'avoir trop usé de tape-à-l'oreille, de progressions trop peu variées, augmenté d'une sonorisation élevée aux limites de l'ouïe humaine. La virtuosité de Nisenson, qui maniait deux instruments à la fois, en mettait malgré tout réellement plein les yeux. Certains moments étaient toutefois d'une sensibilité remarquable, notamment une ballade que SoCalled a interprété en yiddish, ou le rappel où les musiciens sont descendus dans la foule. -Julie Berardino

Tania Gill Quartet (dim. 9)
Le Tania Gill Quartet a offert un chaleureux et intimiste moment musical au Upstairs Bar et Grill. L'atmosphère feutrée et l'été indien du début octobre n'avaient pas de trame plus agréable que celle de ses ballades jazz. L'ensemble excelle dans cette forme; le monde de la compositrice torontoise, son imaginativité caressante s'y dévoilent particulièrement. Grandes sections lyriques bien ficelées, progressions harmoniques finement élaborées, mélodies vives et éclectiques, jamais doucereuses. Davantage qu'une technicienne, Gill est une artiste de la narration. Ses ballades, infiniment belles, rappellent celles du cinéma, parfois celles de Michel Legrand. Gill a présenté des pièces issues de son dernier album, Bolger Station (sur étiquette Barnyard Records), qui compte également des œuvres plus rythmiques, plus lumineuses, notamment Magpie. Il lui a fallu une quinzaine de minutes pour réchauffer l'auditoire, pour se sentir pleinement à l'aise et fixer le propos de ses explorations ; les improvisations de la pianistes n'ont alors pas toujours visé juste. Son groupe avait également un côté mordant, en grande partie grâce à la verve et aux interventions énergiques de la trompettiste Lina Allemano et du batteur Jean Martin, qu'équilibrait la sensualité du contrebassiste (Montréalais celui-là) Clinton Ryder, qui s'est démarqué à la fois comme improvisateur et comme accompagnateur hors du commun. -Julie Berardino

The Elements Choir (mer. 12)

De tous les spectacles inscrits au programme du festival, celui du « Elements Choir » se détache du lot, non seulement par sa seule ambition artistique mais aussi par son envergure. De Toronto, le percussionniste Jean Martin, sa conjointe, la chanteuse Christine Duncan, se sont produits dans la grande Église du quartier d'Outremont avec le concours d'une cinquantaine de choristes et trois autres instrumentistes (leur con-citadin trompettiste Jim Lewis, le violoniste vancouvérois Jesse Zubot et le guitariste bien de chez nous Bernard Falaise, ainsi que l'organiste Eric Robertson perché dans le jubé à l'arrière de l'église). Projet inusité pour un festival de jazz, mais néanmoins pertinent de par sa nature improvisée, cette chorale imposante a livré une prestation en continu d'au moins trois quart d'heure, suivie d'une autre quinzaine de minutes en guise de rappel. L'improvisation collective est une proposition constamment semée de risques, d'autant plus en fonction des effectifs. En d'autres mots : plus ils sont grands, plus il est difficile d'assurer une certaine clarté dans le discours musical, d'où l'attrait évident pour la composition comme vecteur d'organisation sonore. Mais en l'absence d'une partition est-il possible d'arriver à des résultats conséquents ? Ce concert nous a offert quelques pistes.

À l'instar d'un peintre qui couvre sa toile à coup de grands gestes, les concepteurs du projet ont choisi de travailler sur la masse plutôt que sur le détail, rendu possible dans une partition soigneusement travaillée. Cette approche était d'autant plus judicieuse par rapport au lieu de la performance, soit la vaste l'Église d'Outremont aux propriétés particulièrement réverbérantes. Vu cette acoustique, certains « éléments » étaient n'étaient pas toujours perceptibles, du moins selon l'emplacement de l'auditeur dans la nef; on pense ici aux interventions du violoniste, ou encore du guitariste, pourtant toutes deux amplifiées. Cela dit, un autre spectateur, assis dans la seconde rangée, et non dans la quinzième comme moi, a entendu les deux sans problème, d'où l'importance de se placer le plus près possible de la scène pour bien entendre. Éloigné de tous les autres, l'organiste n'avait certes pas la tâche facile : le dos à l'estrade, il ne pouvait que la voir dans un miroir, son travail également compliqué par le délai dans la propagation du son. Mentionnons du reste que ce projet avait d'abord été présenté à Toronto l'an dernier puis mise sur disque sur le label du batteur (Barnyard Records, voir référence ci-bas), la prestation montréalaise précédée d'une autre au festival de Guelph à peine un mois auparavant. Comme toute musique d'improvisation, celle-ci comporte sa part de qualités et de défauts, tous deux inhérents à ce type d'entreprise et au contexte dans laquelle elle est présentée. Au risque de faire une généralisation, il existe deux manières d'apprécier la musique, soit de nous rendre vers elle pour l'appréhender ou de la laisser venir à nous tout simplement, sans trop se poser de questions. Nul doute, les auditeurs qui ont suivi cette seconde tangente ont mieux su tirer parti de cette proposition musicale décidément hors norme. -Marc Chénard

Maïkotron Unit (ven. 14)

Sur papier, la proposition semblait intéressante: le souffleur de Québec Michel Côté (saxophone soprano, clarinettes basse et contrebasse) - signataire il y a quelques années d'un sympathique disque free-bop sur étiquette Effendi (Lapon Balèze) puis collaborateur de Bill Dixon - s'alliant avec le contrebassiste/violoncelliste Pierre Côté et le batteur Michel Lambert, deux musiciens qu'on a entendus auprès de François Carrier, entre autres. Les extraits vidéo de leur nouveau projet, le Maïkotron Unit, circulant sur YouTube, avaient également piqué la curiosité de ce chroniqueur: on y entendait cet instrument inventé, le maïkotron, chimère se situant quelque part entre le fantasme d'un facteur d'instruments et le délire d'un plombier. De plus, la petite Casa del Popolo se prête parfaitement à ce genre de groupe demandant une écoute attentive. Cependant, dès le premier morceau, fort efficacement introduit par Pierre Côté à l'archet, on sentait certaines certaines incongruités entre les musiciens qui empêchaient la musique de « prendre » vraiment. Par exemple, alors que le contrebassiste semblait installer un passage très legato, saxophoniste et batteur venaient briser l'atmosphère avec un concept très rythmique. Ces ruptures de ton, constantes d'une interprétation à l'autre, empêchaient l'auditeur de pleinement adhérer au projet musical, tout en gênant l'évolution de l'intensité de la performance: les solos de Michel Côté, tant au soprano qu'aux clarinettes, tombaient souvent à plat, alors que Lambert, qu'on a déjà entendu plus inspiré, semblait souvent au bord du cabotinage. Pour sa part, le contrebassiste semblait être l'élément le plus solide de l'ensemble, même si dans ce contexte plutôt statique ses solides ostinati ne « levaient » pas vraiment. Quant au maïkotron lui-même (joué principalement ce soir-là par le batteur), ses capacités musicales se limitent à une coloration dans le registre grave qui peuvent intriguer sur de courtes périodes, mais dont l'usage soutenu finit par lasser. On aurait aimé adhérer plus pleinement à ce sympathique projet. -Félix-Antoine Hamel

Concert de clôture (sam. 15)
Il était une fois l'Off (Prise 2)

Lors de sa première édition automnale (en 2010), le festival inscrivit en soirée d'ouverture ce projet concept. Un an plus tard, il clôturait son événement avec une initiative identique, soit de réunir sur scène 11 musiciens de la scène montréalaise dans une formation inédite et auquel chacun des membres devait, du moins en théorie, composer un morceau de circonstance (neuf d'entre eux ont répondu à l'appel). Intéressante en soi, cette proposition permit aussi de rassembler des musiciens issus de différents cercles, certains sans doute inconnus à d'autres avant la mise en place du projet. Pour ces vertus, une telle démarche n'est pas sans poser certains problèmes, surtout lorsque des participants s'adonnent à des pratiques éloignées (par ex. la musique improvisée libre en contrepartie d'un jazz plus standard, basé sur la trame habituelle des variations thématiques à consonance tonale). Dans l'ensemble, le programme musical penchait largement en faveur de la seconde tendance, offrant toutefois des contrastes d'intensité entre les pièces. Celle de Christine Jensen en ouverture était la moins tendue d'un point de vue harmonique, alors que l'offrande du trompettiste Jacques Kuba Séguin – qui livra un solo de haute voltige frôlant dangereusement la démonstration technique – était résolument plus rythmée, avec quelques teintes de musiques d'Europen de l'Est. La pianiste Marianne Trudel, présente dans l'ensemble de l'édition 2010, pondit un opus aux maints détours, voire un brin décousu dans sa trame; le trompettiste Bill Mahar, pour sa part, reprit, en fin de soirée, un de ses vieux numéros aux allures jazz fusionnant des années 1970, un brin suranné dira-t-on. Plus contemporain, le morceau du saxo ténor Adam Kinner était d'une simplicité presque désarmante, son auteur se disant inspiré par l'écoute de la jeune vague norvégienne actuelle, en particulier le pianiste Christian Wallumrød. Difficile d'exécution en raison de ses modulations métriques constantes, la contribution du saxo baryton et clarinettiste basse Philippe Côté n'a pas trop souffert, les interprètes ayant tout de même pu tirer leur épingle du jeu malgré les embûches. Le contrebassiste Jean-Sébastien Leblanc nous laissa avec des impressions légèrement bleutées dans son morceau, nous démontrant par ailleurs lors de son introduction en solo des solides capacités instrumentales. Pièce intrigante en raison de sa nature schématique, celle du trompettiste Ellwood Epps était la seule à être mise en forme par les musiciens durant les répétitions, son compositeur se disant incapable d'écrire quoi que ce soit sans avoir entendu au préalable ses partenaires de groupe. En dépit des imperfections (un musicien ayant manqué son propre « cue » ), cette composition plus ouverte n'était pas dénuée d'un certain charme poétique. Mais de toutes les œuvres, celle du batteur Michel Lambert était la plus détonante (et étonnante) au programme. Artiste visuel, celui-ci aime beaucoup créer des partitions en forme de tableaux, ou d'images, le plus souvent incluant des consignes simples, comme une liste de mots comme seuls déclencheurs de jeu. Pour autant rompus que ces musiciens soient à des pratiques traditionnelles, ils ont toutefois été mis à l'épreuve ici; les résultats mitigés ont prouvé comment ce genre d'exercice n'est pas à la portée du premier venu, surtout si l'on manque d'une certaine expérience dans ces pratiques qualifiées de « non idiomatiques ». Quoi qu'on en dise de l'une ou de l'autre des pièces, ce spectacle de clôture du Off Festival a présenté un belle vue en coupe du jazz de notre ville. Un récidive serait à souhaiter l'an prochain, avec bien sûr une nouvelle distribution et, pourquoi pas, quelques invités venus d'ailleurs ?... -Marc Chénard

ENGLISH REVIEWS

Joëlle Léandre and the Ensemble SuperMusique (Fri. 8)

On the short list of name guest performers participating in this year's festival, French double bassist Joëlle Léandre is surely the best known to anyone interested in the area of freely improvised musics. On the second evening, this musician was heard in two separate sets: starting off with a rather perfunctory half hour solo outing, Léandre was joined by the local Ambiances magnétique collective of free improvisers (7 in total comprised of its most usual suspects, Jean Derome, Lori Freedman, Joane Hétu, Jean René, Bernard Falaise, Danielle-P. Roger, and a relative newcomer to the crowd, trombonist Scott Thompson. After the very well attended opening night double bill (as mentioned in the first French review, see further down in this survey), turnout on this evening was rather thin, in spite of much advance billing and promotion. Because of this, there was a lack of atmosphere felt in the usually warm confines or the Lion d'Or, an old-theater space with much character to it. After more than three decades of professional activity and countless solo performances under her belt, Léandre's musical world is well-established by now, and she offerred her usual fair, bowing for the most part (expected from any classically trained player) and indulging in her semi-onomatopeic vocalese while sawing away on her strings. She has recorded several solo albums over the years, and any of these are far more inspiring than this performance was. After the pause, she melted in the background with the ensemble, though she contributed one piece as an opener to the proceedings. This and the remaining numbers (one even played twice) were more like compositional frameworks, guiding the players according to a number of loosely defined parameters. Listeners familiar with this kind of 'open-ended' music making know that misses are inevitable, even if they hope to get enough hits to make the evening worthwhile. Truthfully, the latter were in short supply on that night, leaving us with a little too many of the former. -Marc Chénard

Clinton Ryder Plein Nord (Sat. 8)

Clinton Ryder is one of Montreal's most dependable jazz bassists. This BC native is heard in a variety of contexts, from pianist Félix Stüssi's modern mainstream jazz quintet/sextet (at times rounded out by Ray Anderson) to guitarist Gary Schwartz's adventurous take on post-Ornette Coleman harmolodics. At the festival, however, he was given a rare opportunity to lead his own band (Plein Nord, or 'True North'). A pianoless quartet, it sports an interesting front line of violinist Jesse Zubot and reedist Frank Lozano (tenor, soprano sax and bass clarinet), the drum duties held by Isaiah Ceccarelli, who teams up regularly with Ryder. This writer has always entertained a certain fondness for this strings and reeds combination, and there are not that many precedents either, but more importantly it offers a wide range of contrasts and complimentarities of timbres, all the moreso because of Lozano's three horns. This band reminded listeners of the importance to stay for the whole show, as the two sets were very different in tone. Those who may have stuck around just for the first half might have found the very instrospective chamber music dynamics a little too confining yet, after the break, the band cut loose, squeezing the throttle with a much jazzier intensity, the violonist in partiular ripping off a couple of sizzling solos. Afterwards, the leader confided that this was precisely his intention, to present sets of contrasting tone and style, thus disproving this writer's conjecture that it may well have been related to an apparent amplification problem of the bass in the opening half. Overall, a pretty satisfying first step for Clinton Ryder and crew, and more performance from them would be more than welcome. -Marc Chénard

Jean René Et Quart (Sun. 9)

Montreal's creative music scene is not exactly a hotbed for violists, or anywhere else for that matter. Fortunately, we have Jean René as the local representative of this underrepresented string instrument. Jean René is best known for his contributions to projects led by René Lussier, Michel-F. Côté and Jean Derome. René performed for the second consecutive Off fest with his quartet Et Quart, featuring Joshua Zubot (violin), Nicolas Caloia (bass) and Pierre Tanguay (drums) at the Casa del Popolo. The quartet performed a mix of René's own compositions, several from his latest solo viola release Fammi (&records) as well as others'. The quartet performance was easily as quirky as the studio solo album. Note that unlike the studio solo recording, René did not appear to make use of any electronic manipulations to his viola in live performance. The ensemble sounded very well integrated and thoroughly absorbed in René's sound world. Very pleasing to the ear was the relationship of Zubot's crystalline tone versus René's very wooly viola tone, all against a backdrop of Caloia and Tanguay's foundation. The performance was mainly about the compositions, but left room for the musicians to improvise, and in Zubot's case, replete with a tremendous display of virtuosity. This is a group that needs to be recorded.

Thom Gossage Other Voices (Thurs. 13, first half)

Local drummer Gossage has been leading his ensemble Other Voices for several years now, documented on several strong releases. This concert was effectively the CD launch for his latest release In Other Words (Songlines).The ensemble has radically evolved from its original inside/outside approach. Spaces are now stretched out and the sonic palette has grown tremendously. There is a general chamber feel to the proceedings, although occasionally punctuated by blasts of energy that propelled the soloists. The band members are generally known for their straight ahead leanings (especially saxophonists Rémi Bolduc and Francisco Lozano) but the magic of this ensemble is that Gossage's compositions ease the musicians into areas where they typically would not venture in their own projects. This approach can be very fruitful under the right leadership, as is the case of this band. The musicians seem challenged (in a good way!) and genuinely captivated by the compositions, resulting in adding freshness to the music that sets this ensemble apart from the pack. One minor quibble would be that guitarist Steve Raegele occasionally seemed to meander, although it wasn't clear to this listener whether those moments were improvised or written parts of the compositions. That small complaint aside, the music was captivating and alluring. -Mark Chodan

Mark Segger Sextet (Thur. 13, second half)

Sharing the bill with the previous band was the Toronto sextet of drummer Mark Segger. While its lineup is a very standard one (piano, bass, drums, tenor sax, trumpet and trombone), it's musical concept was not. Playing all of the music contained on the drummer's debut record, this group attempted to negotiate a kind of contemporary jazz that somehow was lacking in concept, or at least one perceivable to this listener's ear. Whereas Gossage and co have spent many years developing a cutting edge concept of group play (and interplay), this sextet in contrast seemed to be still groping with these issues, offering somewhat diffuse results and little in term of soloing highlights. Since this group is new, best wait and see, and give them more time to hone a clearear concept of their actual musical direction. -Marc Chénard

Rémi Bolduc sextet with Jerry Bergonzi and Phil Dwyer (Fri. 14)

After a week of improvised musics heard in a variety of shapes, sizes and ambitions, the second to last night attraction brought in two out-of-towners, tenormen Phil Dwyer (from B.C.) and Boston's Jerry Bergonzi, both of them beefing up the quartet of local altoist Rémi Bolduc. The saxophone, as we know, is a loud sounding machine, three of them you can imagine can displace a lot of air, and decibels to whit. So when you have a front-line of die-hard post-hard boppers capable of playing the fleetist of runs at brakeneck tempos, it makes for a lot of higher-faster-louder exhibitions of chops. This seemed to have been the case (as I was told from several sources) of their rendition of Giant Steps at the end of the first set. Having caught the second set alone, I witnessed the group playing a very middle-of-the-road set of tunes (an indistinguished blues line by Bolduc, a couple of standards, including an old warhorse like All the Things you Are), all of which were in keeping with the inevitable succession of "soliloquies in front of a ticking clock" (as per Cage's admonishment of jazz). Somehow, after a week of musical adventures this outing seemed rather pallid in contrast, even a bit outmoded. And of the saxmen, Bergonzi, the star player, went through the motions in a fluent way, falling short of living up to what audience members should expect from a top flight jazzer like him. Dwyer, in contrast, was the main man here, mustering up some intensity in spots, while the rhythm section (Steve Amirault, piano, Fraser Hollins, bass and Dave Lang, drums) filled out the background effectively, yet with no real added value to the proceedings. One set, we'll say, was enough. -Marc Chénard

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    By Blogger An Binh, At January 21, 2016 at 7:45 AM  

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