SCENA Jazz

Saturday, July 21, 2012

Festival international de jazz de Montréal 2012 Grandeurs et misères de la note bleue

Marc Chénard

Compte tenu de son énormité, le Festival international de jazz de Montréal (FIJM) inclut dans sa programmation tous genres confondus (pour ne pas dire toute confusion des genres) une pincée de spectacles de jazz d'intérêt « possible », même si ceux-ci sont davantage le produit d'un coup de chance que d'un réel dessein artistique de ses programmateurs. Lassé de butiner les concerts, comme ce fut le cas lors du FIJM d'antan, ce chroniqueur fixe son regard sur un nombre limité de spectacles afin de les traiter en profondeur. De toute manière, la modération a bien meilleur goût, tant pour l'estomac que pour les oreilles.

Jeudi 28 juin, 18 h, L'Astral
Rafael Zaldivar

Parmi les nouveaux venus sur la scène montréalaise, le pianiste cubain Rafael Zaldivar fait beaucoup parler de lui. Armé d'un contrat de disques chez Effendi, et d'un appui promotionnel considérable de son label, il se produit sur une base régulière chez nous, réussissant aussi quelques percées ailleurs, par exemple au festival de jazz de Vancouver de 2011, dans la foulée d'une performance donnée à JazzAhead, l'importante vitrine internationale tenue annuellement à Brème, en Allemagne. Musicien de talent, Zaldivar ne colle pourtant pas aux stéréotypes habituels des musiciens afro-cubains, reconnus pour leurs feux d'artifices techniques et l'emploi abusif de formules rythmiques insistantes. Très peu de cela chez lui. Et tant mieux. D'une part, sa touche n'est en rien percussive, à l'instar de tout claviériste de ce pays, mais gracieuse et délicate, son jeu décidemment plus impressionniste qu'expressionniste; d'autre part, il évite généralement les tournures rythmiques d'usage, si bien qu'il réussit à déjouer les attentes des auditeurs en quittant les sentiers battus comme bon lui semble. De toute évidence, Zaldivar possède une solide culture musicale, mais ne sent nullement obligé à l'étaler à tout prix. Dans ses solos, il explore plusieurs avenues, sans toutefois atteindre une unité stylistique (du moins pas encore). Mais ce qui semblerait être une lacune ne l'est pas réellement, car il est un artiste en devenir, qualité qui le rend bien plus intéressant que bien de ses jeunes collègues qui nous arrivent avec un jeu bien ficelé, mais sans distinction aucune. Tel est le constat qui se dégage de sa performance au festival, laquelle se voulait un prolongement de son récent album Drawing, sorti le mois dernier. Plus que jamais, le disque fait office de carte de visite, voire d'outil de mise en marché, lequel annonce le début d'un nouveau projet d'artiste. Cette réalité diffère considérablement avec celle du passé, où le disque marquait plutôt la fin d'une étape. Jadis, les formations de jazz tournaient beaucoup plus qu'aujourd'hui, avec de longs périples sur la route, voire des semaines complètes passées dans un même club. Ce faisant, le groupe pouvait roder pleinement son répertoire pour le disque, couronnant ainsi ses labeurs. Nul n'a besoin de se demander pourquoi on peine à trouver des grands disques de nos jours, alors que le passé regorge d'autant de trésors discographiques, certains repiqués sans arrêt depuis leur parution. (En fait-on de même pour les parutions d'il y a 15 ou 20 ans ?...) De ce fait, la relation entre le disque et le concert a été inversée. Combien de fois arrive-t-il aux mélomanes de trouver le concert plus satisfaisant que du disque parce que le second n'a pas été réalisé en fin de parcours mais bien au début ? Ce constat s'applique ici aussi, car l'enregistrement du pianiste il est constitué essentiellement de pièces assez concises, son titre étant fort bien choisi vu le caractère d'ébauche de certains morceaux. À titre d'exemples, les deux premières plages de moins de quatre minutes chacune se terminent en fade-out (et la troisième, de huit minutes, commence en fade-in), celles-ci permettant de mouiller l'appétit de l'auditeur (comme le présentateur de concerts), le but de l'exercice étant d'obtenir des engagements ultérieurs. Le disque est donc l'instigateur d'une période créative, sa finalité étant le concert (au minimum) ou la tournée de spectacles (dans le meilleur des mondes). En ce qui concerne M. Zaldivar et son projet, l'écoute du concert, tout juste après l'audition du disque, s'accorde avec cette stratégie. À cette occasion, le concert lui a permis justement de développer la musique du disque, mais fort heureusement il ne s'est pas contenté de reprendre le seul répertoire de l'album mais de présenter d'autres pièces, dont deux thèmes plus obscurs de Monk : Bright Mississipi et Ask me Now. Dans la première partie de sa prestation, divisée par un entr'acte, le pianiste partagea la scène avec ses talentueux accompagnateurs Jean-Rémi Leblanc (cb.) et Philippe Melanson (btr.) pour les deux premiers numéros; ces derniers cèdent leur place à un compatriote du pianiste, le percussionniste Eugenio Osorio (congas, cajon) pour un duo (le seul vrai numéro latin de la soirée), revenant par après pour les deux derniers morceaux de cette première représentation. Après la pause, deux autres invités se sont joints à la partie, les deux entendus furtivement sur le disque : la violoniste Lisanne Tremblay et surtout le saxo alto de renom Greg Osby. Sans vraiment être mis à l'épreuve dans ce contexte, l'Américain a bien joué son rôle, y allant d'un solo bien tourné dans le second opus monkien. La surprise toutefois fut la violoniste qui dépassa son rôle de figurant du disque en offrant des solos bien jazzés, un peu prudents peut-être, mais dénués des raideurs rythmiques qui affligent souvent les musiciens classiques tentés par l'aventure de la note bleue. Particulièrement plaisant fut le mariage entre le violon et le saxophone, surtout dans les passages à l'unisson, les lignes mélodiques gagnant en rondeur timbrale en raison des tessitures comparables de ces deux instruments. Sans être enlevant, le spectacle donna l'occasion au pianiste de livrer non pas un produit fini, mais un en devenir, avec une part de subtilités et de détails qui laissent présager d'intéressantes pistes à suivre pour lui et ses comparses. Si seulement ces musiciens pouvaient partir en tournée, il ne ferait aucun doute qu'ils seraient en mesure de réaliser le plein potentiel de ce projet fort prometteur. Mais notre époque n'est pas la plus salutaire pour exaucer un tel vœu.

Terje Rypdal et le Big Band de Bergen : Crime Scene
Théâtre du Gesù, 30 juin

Si M. Zaldivar ne souhaiterait rien de plus que de pouvoir tourner avec tous les musiciens de son concert, cela est chose acquise pour la présente entreprise venue d'outre-Atlantique. Imaginez un grand orchestre de vingt musiciens européens avec un soliste de réputation internationale parcourant le pays entier, soit de Vancouver à Montréal, le tout chapeauté par un compositeur-instrumentiste ayant écrit un genre de concerto pour Miles Davis. Par le passé, le FIJM a toujours inclus au moins un événement de grand orchestre dans sa série « Jazz dans la nuit » – certains se rappelleront l'excellente prestation de Darcy James Argue et son Secret Society l'an dernier. Cette fois-ci, le flambeau était porté par le Big Band de Bergen avec le guitariste invité Terje Rypdal interprétant une longue suite en continu intitulée Crime Scene, écrite et arrangée par le trompettiste Palle Mikkelborg. Outre ce dernier, qui est Danois, le reste de la distribution provient de Norvège, sans doute le seul pays européen en mesure de payer la note pour une telle extravagance. Par-delà cette considération logistique d'importance, cet ensemble de haut calibre nous a offert a paquet très bien emballé, mais pas aussi emballant qu'on le souhaiterait. Après le concert, un collègue journaliste étranger me signalait que cette représentation était la meilleure des trois qu'il ait entendu en salle, suivant la première en Allemagne et une autre dans leur pays, et ce, lors de tournées différentes – je vous l'avais dit, ils ont des moyens ces vikings. Quant à la performance, d'aucuns ne peuvent nier le rendu, ce chroniqueur compris, mais d'importants problèmes d'ordre conceptuel entachent le tout. On veut bien, par exemple, construire l'œuvre en opposant la section rythmique (claviers, deux guitares, deux batteries et une basse) à la section élargie des vents (15 instrumentistes au total, les joueurs d'anches munis également de clarinettes et de flûtes), mais de réduire ces derniers à des rôles de figurants pendant près de 75 minutes relève d'un emploi peu probant des effectifs. Pendant la soirée, les interventions solistes des vents se résumaient à un court interlude de clarinette basse et un duel de saxos ténors englouti dans un passage orchestral dense. Plus actifs en seconde partie, les vents étaient passablement inactifs dans la première tranche du concert, la rythmique prenant ici toute la place, avec un solo de bidouillages électros assez lancinant (et fort trop long) de M. Rypdal. Et que dire d'un des batteurs de type de funk qui martelait sans cesse ses caisses ?... Passons. Premier responsable de ce salmigondis, Mikkelborg était à vrai dire le seul vent mis en évidence. (On n'est jamais mieux servi que par soi-même, je suppose.) En début de spectacle, il fit son entrée en scène en jouant seul, sa trompette amplifiée, la section rythmique au poste, mais pas les autres, qui ont attendu une bonne dizaine de minutes avant de prendre place. Pour ceux qui ont peut-être oublié, c'est ce même M. Mikkelborg qui avait composé Aura en 1984, cette œuvre orchestrale ostentatoire pour Miles Davis, conspuée par une bonne partie de la gente critique. En 2012, le compositeur n'a pas encore expurgé son fantasme milesien, l'instrumentiste en lui affichant les mêmes maniérismes de son mentor : non seulement déambule-t-il sur la scène en jouant, mais il tourne le dos au public, dialoguant parfois avec le batteur tapocheur. Quant au titre Crime Scene, il était justifié par la diffusion en salle de bribes de dialogues de longs-métrages comme Le parrain et Taxi Driver, même des polars italiens, ces interventions utilisées comme traits d'unions entre les différentes sections. De cette prestation pourtant bien exécutée, on en sort perplexe, d'autant plus par un manque d'intégration entre ses deux parties constituantes (rythmique et souffleurs), trait pourtant fondamental de tout big band de jazz de premier ordre. Mais encore, s'agissait-il d'un tel orchestre ?... Avec le spectre de Miles planant sur le tout et l'instrumentation de l'ensemble, difficile de prétendre le contraire.

Ambrose Akinmusire
Théâtre du Gesù, 4 juillet

Pour avoir entendu le disque (et l'avoir chroniqué dans le numéro d'été de La Scena Musicale), ce chroniqueur peut une fois de plus se baser sur les observations émises sur le concert de M. Zaldivar. Comme le disque actuel est avant toute chose un outil de mise en marché d'artiste, bien que son avenir soit incertain en raison de la dématérialisation de l'objet par la numérisation, le disque est produit de plus en plus au début d'une période créative d'un artiste, qui l'utilise pour décrocher des spectacles. Vu ainsi, le disque crée une attente publique qui doit à tout le moins être rencontrée, sinon dépassée. Alors que le pianiste cubain a assez bien tiré son épingle du jeu à ce chapitre, on ne saurait en dire autant pour le trompettiste américain Ambrose Akinmusire. Bien que nombre de critiques aient salué sa maturité, certains allant jusqu'à le promouvoir au rang des grands espoirs du jazz, tout laisse à croire qu'ils n'ont jamais entendu ses pairs comme Peter Evans ou Nathan Wooley, voire des Européens comme Axel Dörner ou Médéric Collignon (qui s'est produit le lendemain soir, voir chronique suivante.) De son concert, on garde le souvenir d'un musicien très consciencieux de ses faits et gestes, trop même. D'une part, ses solos se déploient en petites phrases entrecoupées de silences (parfois assez longs); d'autre part, son répertoire oscille entre des morceaux à tempos lents (dont deux duos avec son pianiste) et d'autres beaucoup plus vifs, donnant la nette impression que lui et ses hommes ne fonctionnent qu'à deux vitesses. Tout le monde joue bien, soit, mais seul le batteur réussissait vraiment à produire des étincelles, n'arrivant pourtant pas à faire embraser les autres. Cela donne l'impression d'un musicien très conscient du fait qu'il soit titulaire d'un contrat de disques sur un grand label (Blue Note), d'où une nette tendance à jouer la carte sûre. De plus, on n'en a que faire des longues présentations verbeuses de ses musiciens et de leurs vertus. Ça nous rend nostalgiques de l'époque où Miles, Coltrane et Monk ne soufflaient mot devant leur public pour laisser leurs instruments parler tout haut et tout fort.

Médéric Collignon et Jus de Bocse
L'astral, 5 juillet

Trompettiste de la soirée (ou cornettiste pour être plus exact, la différence de timbre entre les deux étant à peine perceptible), le Français Médéric Collignon a bousculé les auditeurs du tout au tout, projetant celui-ci loin de l'univers contrôlé de la jeune recrue américaine. Avec micro portable épinglé sur son pavillon, Médéric Collignon (ou Médo pour les intimes) s'est dandiné sur la scène comme un possédé, modifiant la transmission amplifiée par une pédale wawa. Ça ne vous paraît pas familier ?... Si vous ne l'avez pas deviné, lui et son groupe Jus de Bocse se sont attaqué sans ambages aucuns au répertoire de maestro Miles, période électrique, le livrant avec toute la fougue et furie de l'original. Par moments, on se sentait en 1970, le psychédélisme ambiant des salles de concert d'antan en moins.) Bénéficiant d'une grande tournée canadienne, avec une incursion chez l'Oncle Sam à Rochester, ce quartette a certainement fait chauffer les planches, le chef aspergeant à volonté l'huile sur le feu, le pianiste électrique étant en fait le seul autre soliste de la soirée. Outre le batteur forcené, indispensable dans ce contexte, on applaudit le bassiste pour sa patience à vouloir répéter les mêmes riffs pendant de longs passages. Heureuse décision du reste d'avoir utilisé une basse acoustique plutôt qu'électrique, laquelle aurait alourdi la pâte sonore déjà assez épaisse. Collignon est un doué, sa plus belle qualité étant le sens d'urgence qu'il investit dans la musique, ingrédient qui manque très souvent dans les concoctions jazzistiques de notre temps. (Est-ce la faute des musiciens actuels – trop scolarisés – ou des paramètres intrinsèques au genre ?... Un sujet qui vaut le débat.) Ici, le cornettiste s'attaque à la musique d'une autre époque (précédemment, il avait repris Porgy and Bess, version Miles et Gil Evans). Toutefois, de tels retours au passé méritent un examen critique. En reprenant deux fois de suite la musique de son mentor, le musicien maquille-t-il sous le couvert de sa pétulance scénique une panne d'idées créatives ? Arrivera-t-il à larguer les amarres avec ces références pour trouver une musique qui lui soit vraiment propre – sans être trop propre, comme celle d'Akinmusire ? On ne peut que le souhaiter. À titre de comparaison, aurait-on imaginé, ou encore désiré, que Miles Davis rende tribut à Louis Armstrong en reprenant ses classiques ?... L'histoire du jazz compte des grands noms et ses chefs de file ont tous poussé la musique vers l'avant parce qu'ils ont tous compris que le meilleur moyen de rendre hommage à la tradition était de créer la leur et non de la réduire en exercices de style, si bien menés soit-ils. À voir ce spectacle, sans oublier un autre au programme du FIJM intitulé Miles Smiles (avec Joey de Francesco et Wallace Roney), on pourrait suggérer que les chances d'engagement à ce festival augmentent nettement en soumettant des propositions de concerts hommages au Prince de la Noirceur. Boutade peut-être, mais qu'on regarde ses éditions antérieures et la conclusion s'impose.

Renaud Garcia-Fons (solo) et avec le Free Flamenco Trio
Maison symphonique de Montréal (7 juillet)

Pour terminer cette ronde festivalière en beauté, le dernier rendez-vous se déroula dans la nouvelle Maison symphonique. Belle occasion donc pour finalement voir de ses yeux vus (et de ses oreilles entendues), la performance d'une petite formation sur une grande scène, destinée principalement à notre orchestre symphonique et son chef, Maestro Nagano. La tête d'affiche était donc le contrebassiste hexagonal Renaud Garcia-Fons, certainement un enfant chéri du festival pour l'avoir déjà fréquenté (un fait qu'il souligna dans une de ses présentations au micro). Pour marquer la publication récente de son tout nouveau disque solo sur le label Enja, trop peu distribué chez nous, mais dont on peut lire quand même la chronique en ligne dans la livraison actuelle de LSM), le musicien a donc rejoué ce programme en ouverture de la soirée. Même si cet observateur occupait un siège à l'arrière de cette grande enceinte, le son était clair et limpide dans ses moindres détails, aidé bien sûr d'un ampli d'instrument bien calibré. (Pourtant, en seconde partie, v. plus bas, son instrument passait mal, enterré par un piano puissant à l'avant-scène et une batterie un brin plus discret.) Bien qu'il se dise improvisateur, ce musicien suit des plans de match bien précis, chaque numéro reposant sur des musiques ethniques aux paramètres facilement reconnaissables. Il convia alors les auditeurs à un périple interculturel de bon ton passant par la péninsule Ibérique, l'Afrique, l'Inde ainsi que des détours vers les cultures celtique et amérindienne. Un joli voyage donc, durant lequel le bassiste fit usage d'échantillons instrumentaux préenregistrés en boucles pour ancrer ses envolées. Comme le disque, il a glissé le temps d'un morceau une feuille entre ses cordes pour mieux imiter le son étouffé d'un instrument traditionnel africain. Évaluer cette musique à la seule aune du jazz serait erroné, le bassiste ne se réclamant pas vraiment de cette tradition, bien qu'il en ait déjà fait dans ses jeunes années. Comme ses meilleurs compatriotes, Garcia-Fons est un très grand instrumentiste, un virtuose sans peur et sans reproche, ses coups d'archets étant d'une précision et d'une justesse irréprochables. Mais cette infaillibilité d'exécutant le range davantage dans le créneau des musiciens classiques que ceux du jazz, même des musiques folkloriques, ses artisans étant résolument moins complexés par les insuffisances techniques. Garcia-Fons est de ceux qui ont posé des choix précis et qui ne les remettent nullement en question. Mais la grandeur d'un artiste ne se situe pas dans le seul fait d'assumer ses acquis et de s'y contenter, mais bien les transcender, quitte à s'en défaire pour faire face au péril de l'inconnu. Après les derniers applaudissements (pourtant pas à tout rompre ou délirants comme on aurait pu s'y attendre) et suivant l'entr'acte obligatoire, la seconde tranche du concert s'ouvrit avec un piano solo de David Peña Dorantes, morceau conjuguant librement des tonalités de jazz, de musique flamenco et des harmonies très classiques, le tout habilement enfilé. Suivent alors un numéro en trio (le plus jazzé de la soirée) avec
le bassiste et un batteur (Tete Peña), un solo de flûte bulgare (le keval) de Teodossi Spassov (le moment fort de la soirée), le reste de la performance jouée par le quartette. En cours de route, le groupe tenta la rencontre des traditions, à mi-chemin entre les Balkans et l'Espagne, avec des résultats à tout le moins potables. Bien que la formation s'appelle le Free Flamenco Trio (le bassiste étant un invité ici), il n'y avait rien de particulièrement free dans cette prestation, ni flamenco à la lettre, mais une musique encadrée dans des paramètres stylistiques familiers. À leur décharge, ces musiciens ont su marier leurs forces pour créer un tout assez satisfaisant dans l'ensemble, rien qui réinventa la roue, mais la rechapant par moments à leur bon plaisir et celui du public aussi.

PS : Omis de ces critiques détaillées était le concert du saxo alto Pierrick Pédron le premier weekend du festival. Après quelques bonnes minutes en duo avec son pianiste acoustique Laurent Coq, le reste de la formation les rejoignit, soit un guitariste, un bassiste électrique et un batteur, le pianiste passant alors au Fender Rhodes. En un tournemain, le registre musical sombra dans une soupe fusion plutôt insipide, sans distinction aucune. Suivant la recommandation d'une connaissance, qui avait vu le saxo dans la capitale parisienne, mais en formation acoustique, j'ai tenté ma chance, bien qu'un collègue français m'ait mis la puce à l'oreille le matin même. Comme l'avait noté mon invité de la soirée, c'était le genre de jazz qu'on entendait dans la rue il y a une quinzaine d'années. Décidemment, il n'y a pas de pénurie de fruits périssables…

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